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Mardi 6 avril 2 06 /04 /Avr 14:14

Jean-Louis Étienne, plus Jules Verne que jamais

Lundi matin 5 avril, le médecin explorateur des pôles a décollé de l’archipel norvégien du Spitzberg pour une traversée en solitaire du pôle Nord en ballon

 

La rozière de Jean-Louis Étienne au dessus du Spitzberg (Photo : jeanlouisetienne.com)

Jean-Louis Etienne retourne à ses amours polaires et va, comme toujours, au bout de ses rêves. Mais cette fois-ci, ce médecin et explorateur de 63 ans, qui s’est lancé lundi 5 avril à bord d’un ballon pour un survol de la banquise, a prévenu : cette aventure « sera le dernier acte de la trilogie de mes expéditions au pôle Nord en solitaire ». Une trilogie à pied, en bateau et en ballon.

En 1986, Jean-Louis Etienne avait tiré un traîneau jusqu’au pôle Nord pendant 63 jours. En 2002, il avait dérivé pendant quatre mois sur la banquise, à bord du Polar observer, une capsule-igloo de haute technologie. Le dernier acte aurait dû avoir lieu au cours de l’année polaire internationale mais le dirigeable censé mesurer l’épaisseur de la glace de mer fut détruit lors d’une tempête début 2008.

L’explorateur de l’extrême est alors reparti de zéro. Pour son dernier voyage au pôle Nord qu’il a entamé lundi matin 5 avril, il a renoncé au dirigeable, lui préférant une rozière, un ballon très singulier – portant le nom de son inventeur Pilâtre de Rozier qui mourut à bord de son engin en 1785 alors qu’il tentait à 31 ans d’effectuer la première traversée France-Angleterre – mais très performant. C’est à bord d’un aérostat similaire que Bertrand Piccard et Brian Jones effectuèrent le premier tour du monde en ballon en 1999. Tout ceci fleure bon Jules Verne. Jean-Louis Étienne d’ailleurs revendique la filiation avec le génial auteur de Cinq semaines en ballon. Il se considère d’abord comme un aventurier. Entouré d’une fine équipe, il consacre des mois, parfois même des années, à préparer ses missions. Mais lucide et réaliste, il estime que la légitimité de ses aventures provient du souci qu’il a toujours eu d’en faire un outil pédagogique à destination des jeunes en multipliant les partenariats avec écoles, collèges et lycées.

C’est ainsi qu’il réussit à entraîner, dans le sillage de ses réalisations personnelles, ministères et organismes de recherche qui estampillent ses missions et à drainer des fonds privés (
l’expédition « Generali Arctic observer » est financée par l’assureur Generali).

La science et l’éducation jouent à fond la carte Jean-Louis Etienne. Qui mieux en effet qu’un explorateur peut encore faire rêver de sciences et sensibiliser aux problèmes de la planète ? Au passage, les laboratoires de recherche ne rechignent pas à récupérer les informations collectées lors des expéditions.

«La fonte de la banquise nous met dans l’urgence de nous attaquer à la racine du mal»

À l’aide d’instruments embarqués dans la nacelle, Jean-Louis Etienne doit recueillir des données sur les quantités de CO2, du gaz carbonique venu d’ailleurs en l’absence d’activités humaines et de végétation sur la banquise. Il prévoit aussi de collecter des données sur le champ magnétique terrestre alors que le pôle Nord magnétique, distinct du pôle géographique, se déplace de plusieurs dizaines de kilomètres par an, vers l’Est.

En pleine « guerre du climat » entre « carbonistes » ou « réchauffistes » et « climato-sceptiques », Jean-Louis Etienne a choisi de longue date son camp. Lui qui depuis vingt ans tâte le pouls de la planète en ses zones les plus sensibles, à commencer par les pôles, juge, en bon médecin, que la Terre a de la fièvre.

Par ses aventures, il espère alerter la Terre entière. « La fonte de la banquise nous met dans l’urgence de nous attaquer à la racine du mal, de prendre toutes les mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre », alerte-t-il dans
sa pétition « urgence climatique » déjà signée par plus de 32 000 internautes.

Les données sont dédiées aux recherches des frères ennemis du climat

Mais cela ne l’empêche pas de contribuer aux recherches des frères ennemis du climat, les données sur le CO2 étant dédiées au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA-CNRS), un des hauts lieux français de la recherche en climatologie.

Celles sur le champ magnétique sont, elles, destinées à l’Institut de physique du globe, autre lieu d’expertise en matière de champ magnétique, ce bouclier qui protège la surface de la terre des rayonnements cosmiques et électromagnétiques, mais aussi siège de la contestation du réchauffement d’origine anthropique.

Marie VERDIER

 

La-Croix.com

mardi 6 avril 2010

Par association de liloufoc à liloustic - Publié dans : actualites
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