Le design pour accompagner la fin de vie

Publié le par association de liloufoc à liloustic

Le design pour accompagner la fin de vie

 la-Croix.com, 16 décembre 2012

Grâce à la Fondation de France, l’unité de soins palliatifs des Diaconesses à Paris a commandé une œuvre au designer Mathieu Lehanneur. Celui-ci a imaginé dans chaque chambre un hublot ouvert sur le ciel de demain.

 

Au-dessus du lit, le prototype de l’œuvre Demain est un autre jour, de Mathieu Lehanneur (2012).
Au-dessus du lit, le prototype de l’œuvre Demain est un autre jour, de Mathieu Lehanneur (2012).

Véronique Huyghe/courtesy Société des Nouveaux commanditaires

Au-dessus du lit, le prototype de l’œuvre Demain est un autre jour, de Mathieu Lehanneur (2012).

Véronique Huyghe/courtesy Société des Nouveaux commanditaires

Au-dessus du lit, le prototype de l’œuvre Demain est un autre jour, de Mathieu Lehanneur (2012).

 

Quel temps fera-t-il demain ? C’est à partir de cette question toute simple que Mathieu Lehanneur a imaginé une œuvre pour les patients hospitalisés à l’unité de soins palliatifs du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon à Paris. Intitulé Demain est un autre jour,  ce hublot à la paroi bombée en nid-d’abeilles, éclairé par des lampes led, donne à voir le ciel du lendemain où des nuages alternent avec un soleil radieux ou le gris d’une averse. Calculée par un logiciel connecté à une dizaine de sites météorologiques, l’image correspond toujours à une région précise, choisie par chaque patient.

 

Lorsque l’angoisse de la fin de vie tétanise les échanges avec les proches, « la météo peut permettre l’amorce d’une discussion légère »,  explique le designer. Et de glisser du temps qu’il fait au temps qui reste à vivre, à ce que l’on veut en faire. « Même si la mort approche, elle reste imprévisible et les patients gardent un besoin essentiel de se projeter »,  confirme Gilbert Desfosses, médecin chef de l’unité.

C’est lors d’une rencontre fortuite avec l’historien d’art Jérôme Poggi, en 2009, que ce médecin lui a confié rêver d’une œuvre d’art pour faire écho dans son service aux moments si intenses qui se vivent entre les patients, leurs proches et le personnel soignant. « Face à la mort, que l’on soit croyant ou non, la question du sens se pose. L’art peut aider à l’aborder »,  témoigne Gilbert Desfosses.

« Objets thérapeutiques »

Accompagnant régulièrement avec la Fondation de France des commandes d’œuvres émanant de citoyens (lire ci-contre),  Jérôme Poggi propose de rencontrer l’équipe du service qui confirme ce besoin d’art. Un comité est alors constitué pour préciser cette attente réunissant tant une aide-soignante qu’un cadre infirmier, des bénévoles, le kinésithérapeute ou la psychologue. Et au printemps 2010, Jérôme Poggi leur présente Mathieu Lehanneur. 

Couronné par de nombreux prix, ce designer de 38 ans s’est distingué par son intérêt précoce pour les modes d’absorption des médicaments d’où sont nés ses « objets thérapeutiques » (acquis par le Museum of Modern Art de New York). Attentif au rapport du corps à son environnement, il a aussi conçu un purificateur d’air par les plantes, Andrea , qui a reçu le Best Invention Award en 2008, et une boule anti-bruit, dB . On lui doit également le superbe réaménagement du chœur de l’église Saint-Hilaire de Melle, dans les Deux-Sèvres.

 

Grâce à un financement de 200 000 €, pris en charge pour moitié par la Fondation de France et pour le reste par la Fondation Daniel et Nina Carasso et la Maison Hermès, une quinzaine d’œuvres ont été réalisées, aujourd’hui en cours d’installation dans chacune des chambres du service. Un joli cadeau pour saluer le dixième anniversaire aux Diaconesses de cette unité de soins, auparavant située à l’hôpital de la Cité universitaire, la première du genre créée en France, en 1987, par Maurice Abiven.

 

(1) Le Musée du Grand-Hornu en Belgique consacre une exposition monographique à Mathieu Lehanneur jusqu’au 31 mars.

Rens. : 00 32 (0) 65/65.21.21 ou www.grand-hornu.eu

SABINE GIGNOUX

Publié dans Arts

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